La Coalition sur l’Assurance-emploi du Bas-Saint-Laurent est plutôt perplexe devant le budget fédéral déposé hier par le ministre Jim Flaherty. Alors qu’on parle d’améliorations au régime d’assurance-emploi, la Coalition se demande vraiment où sont ces améliorations puisque rien dans ce budget ne s’attaque aux problèmes fondamentaux du régime, soit son aspect discriminatoire et l’impossibilité pour près de 6 travailleurs et travailleuses sur 10 de profiter des bénéfices de leurs cotisations.
Pour Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent CSN « Ce n’est pas parce qu’on permet aux chômeurs de conserver une plus grande portion de leurs prestations malgré le fait qu’ils travaillent durant leur période de prestations, qu’on peut parler d’amélioration réelle. Quand 60 % des chômeurs et chômeuses n’ont pas accès à des prestations parce qu’ils ne rencontrent pas les lourds critères d’admissibilité, peut-on vraiment parler d’améliorations du programme d’assurance-emploi? »
D’ailleurs, ce nouveau projet pilote national de Travail pendant une période de prestations, bien qu’il soit intéressant pour certains prestataires, peut être désavantageux pour les plus petits salariés en comparaison à la mesure antérieure qui permettait de conserver les revenus de travail à la hauteur de 40 % du montant de ses prestations hebdomadaires.
De l’avis du coordonnateur d’Action Chômage Kamouraska, Alain Lagacé, l’annonce la plus inquiétante est celle voulant que le gouvernement présentera des mesures législatives afin d’étoffer et de préciser les obligations des personnes qui reçoivent des prestations régulières et que la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences annoncera des lignes directrices équitables et transparentes en matière de conformité, qui tiendront compte des conditions du marché du travail à l’échelle locale et des antécédents d’assurance-emploi. Pour la Coalition, il s’agit là d’un pas de plus dans la stigmatisation et dans le contrôle des chômeurs et chômeuses. On renforcit encore davantage la distinction entre le bon chômeur (celui qui n’a jamais ou très rarement eu recours à l’assurance-emploi) et le mauvais chômeur (le travailleur saisonnier, le travailleur précaire, bref celui qui a vécu plusieurs épisodes de chômage).
La Coalition déplore également les coupures dans la fonction publique fédérale de 19 200 postes sur trois ans. En effet, les chômeurs et chômeuses viennent de traverser une période extrêmement difficile lors de laquelle ils ont dû faire face à des services déficients et à des délais d’attente inhumains dans le traitement de leur demande de prestations. Tout ça parce qu’on a décidé par mesure d’efficience et de rentabilité de concentrer les services de traitement des demandes de prestations, de procéder à une automatisation grandissante du service au citoyen et de couper des postes à Service Canada. Le gouvernement conservateur, au lieu d’apprendre de ses erreurs et de constater que de couper du personnel a des conséquences dramatiques dans la vie de ses citoyens, continue sur sa lancée. Selon Alain Harrison, conseiller régional de la FTQ Bas-Saint-Laurent « c’est encore des chômeurs de plus et surtout des coupures de services en moins pour les prestataires ».
À noter aussi, le gouvernement conservateur n’a pas prévu reconduire le projet pilote des cinq semaines supplémentaires. Ce projet pilote permettait aux travailleurs saisonniers d’éviter le trou noir, c’est-à-dire la période entre la fin des prestations et le retour au travail, période caractérisée par une absence totale de revenus. C’est donc une dure nouvelle pour les travailleurs saisonniers, pour Richard Caron, président régional du SFPQ couvrant Bas-Saint-Laurent- Côte-Nord-Gaspésie-Île-de-la-Madeleine, cette annonce est catastrophique pour les travailleurs saisonniers et affectera grandement l’économie régionale « Par cette règle, le gouvernement Fédéral menace grandement l’avenir des régions ».
En somme, pour parler d’améliorations, la Coalition sur l’Assurance-emploi du Bas-Saint-Laurent et solidaire des sans-emplois souhaite dire au gouvernement conservateur que s’il veut parler d’améliorations à l’assurance-emploi, il devrait mettre en place les mesures suivantes :
- Un seul critère d’admissibilité de 350 heures; - Un minimum de 35 semaines de prestations; - Un taux de prestations d’au moins 60 % |
0 comments:
Post a Comment